Bref historique de la Commune de Guimaëc

Peuplée dès le haut Moyen-Age, Guimaëc est une paroisse primitive ou « Ploue ». Les paroisses de Lanmeur et Locquirec ont été créées à ses dépens. Le nom de « Ploemaec » disparaît vers le quatorzième siècle pour laisser place à Guimaëc (prononcer « Guimec », en breton « Gwimaeg ») c’est-à-dire le bourg de Saint Maëc. Selon la légende, on tenta d’y enterrer le corps de ce saint, honoré en d’autres lieux de Bretagne, mais en vain, à chaque fois la dépouille sortait de son tombeau.

Paroisse rurale d’une certaine importance -elle compta jusqu’à deux mille habitants au dix-neuvième siècle- Guimaëc pratique la culture intensive des céréales dès la fin du Moyen-Age. Cette relative prospérité permet la présence sur le territoire d’une aristocratie nombreuse. Au seizième siècle on compte près de trente demeures nobles dont une bonne partie est habitée par des gentilshommes laboureurs.

C’est de cette catégorie que sont issues les deux figures emblématiques de la commune :
- Rannou, seigneur de Trelever, sorte de géant bon enfant et redresseur de torts, il a jalonné le pays de menhirs, de rochers qui sont autant de témoignages de ses exploits herculéens. C’est lui qui décida de la victoire navale de Saint Mathieu sur les Anglais en 1403, ce qui lui valut la reconnaissance du duc de Bretagne.
- Jean Coetanlem, né au manoir de Keranrun. Corsaire et armateur. A la tête d’une flottille, il chassait l’Anglais en mer d’Iroise pour le compte du duc de Bretagne ou pour son propre compte. En mil quatre cent quatre-vingt quatre, il organisa le sac de la ville de Bristol. Après avoir amassé une fortune colossale, il termina sa vie comme Grand Amiral de la marine portugaise. Il aurait fréquenté les côtes américaines avant Christophe Colomb. Une légende dit même qu’il indiqua à celui-ci la route du Nouveau Monde...

Durant l’occupation allemande, un groupe de Guimaëcois réunis au sein du réseau « Var » organisa le passage d’agents alliés de France en Angleterre et inversement par la plage de Beg An Fry , à la barbe des canons allemands. De nombreux responsables de la Résistance ont ainsi transité par Guimaëc, parmi eux un certain Jacques Morland alias François Mitterrand.

Aujourd’hui la commune ne compte que 900 habitants et, avec une superficie de 20 km2, elle a une densité de population très faible pour une commune littorale. C’est pourquoi elle fut prospectée au milieu des années 70 en vue de l’installation d’une centrale nucléaire sur le site de Beg an Fri et aujourd’hui d’un parc éolien sur le plateau de Kreiz ar Vrac’h. Peu favorables à la centrale nucléaire, les habitants et leurs élus verraient d’un bon oeil un projet d’énergies renouvelables se mettre en place.

L’agriculture reste la première activité économique mais les 45 fermes que compte la commune devraient voir leur nombre diminuer fortement dans les prochaines années même si la population agricole a tendance aujourd’hui à augmenter du fait de la construction de serres créatrices d’emploi.